Compte rendu du café écolo sur les énergies renouvelable
Par FH le lundi 1 novembre 2010, 18:26 - Café écologique - Lien permanent
Une quarantaine de personnes étaient réunies pour participer à cette soirée. Lucile Schlund nous expose briévement la place des énergies renouvelables en France: Le secteur de l’énergie en France tel qu’on le connait actuellement est le fruit de la décision d’un petit groupe de personne au sommet dans les années 70. Ces personnes, suite au crash pétrolier, ont choisi la voie du nucléaire pour la filière énergétique française, en arguant qu’il s’agissait de la meilleure solution. Depuis cette période, AREVA est devenue un des généraux de la France dans les exportations et n’est que peu entravé par les agences nucléaires nationales et internationales. Le choix de l’énergie n’est donc pas un choix que font les Français, ils ne peuvent que se plier aux décisions d’un petit groupe de personne au plus haut de l’état.
Pourtant la majorité de la population française voudrait avoir ce choix. On ne lui a jamais posée la question, mais il ne fait aucun doute que si on lui laisse le choix du mix énergétique, celui-ci serait différent.
Le défi des énergies renouvelables est non seulement une formidable opportunité pour la France et la planète mais aussi pour les consommateurs d’énergie. Pour les particuliers et les collectivités qui peuvent enfin faire un choix, même si celui-ci n’est pas parfait. L’individu a actuellement la possibilité de produire de l’énergie grâce aux énergies renouvelables (photovoltaïque, mini éolienne, mini barrage,...), néanmoins pour y accéder il faut des moyens qui ne sont pas donnés à tout un chacun. C’est pour cela que les coopératives citoyennes sont le renouveau du secteur des énergies, elles remettent le choix dans les mains des citoyens et permettent de rassembler leurs efforts pour monter des projets innovants et novateurs.
Ces coopératives citoyennes, les énergies renouvelables qu’elles supportent et une production locale sont les piliers du domaine énergétique français de demain. Ce n’est que en produisant localement (pour supprimer les pertes dues à de longs transports de l’énergie), par différent moyen (pour qu’ils se complètent) et avec tous les acteurs (particulier, collectivité, industriels,...) que l’on créera la société de demain.
Pour l’instant AREVA et EDF sont les grands gagnants des firmes françaises exportant mais il serait tout à fait crédible de la part de la France qu’elle possède aussi des firmes importantes dans le domaine des énergies renouvelables. L’avantage est actuellement à l’Allemagne et aux pays asiatiques, mais la bataille n’est pas perdu. On possède des professionnels très bien formés à la gestion de projets lourds en investissement et en réglementation comme le chantier d’une centrale nucléaire. Et ces compétences pourraient être réutilisées pour monter des projets de champs d’éoliennes qui leur ressemble dans leur gigantisme. Ce projet, de monter un filière des énergies renouvelables française, semblait dans les cartons du gouvernement il y a un an ou deux, mais semble avoir été abandonné malgré l’ouverture de quelques usines sur des créneaux bien particuliers. A l’heure où la France se mobilise pour ses retraites et plus généralement pour son emploi, il semblerait qu’une filière aussi innovante et créatrice de richesse serait une aubaine pour la France.
Ce soir nous allons nous concentrer sur des projets plus petits à l’échelle des personnes qui s’y investissent mais gageons que ces quelques irréductibles seront rejoints dans quelques années par une flopée de citoyens soucieux de leur impact et de leurs choix énergétiques, que la faible brise poussant ces initiatives sera une tempête dans les années prochaines, et pourquoi pas un renversement du mix énergétique français au profit des énergies renouvelables?
Après cette introduction, Emmanuel de l'association Énergie Citoyenne de la Weiss nous expose leur projet. Leur volonté était de s'associer pour produire de l'énergie. Le photovoltaïque a été choisi car il est relativement simple à mettre en place pour un coût modeste. Le projet met en avant un financement citoyen, il est particulièrement lourd à mettre en place d'un point de vue administratif, les montage financier et juridique sont particulièrement importants. Le premier projet concernait le toit du musée du bois à Labaroche. D'une puissance de 8000 KW, soit la consommation de 3 à 4 famille, il représentait un investissement de 60 000€ dont une participation citoyenne de 30%. Le remboursement des parts correspond à 10% par an. L'association a un second projet, il s'agit de recouvrir le toit de l'école primaire d'Ammerschwihr. Cette surface de 160 m² produirait 19 000 kwh/an soit à peu près la consommation de l'école. Si la structure qui a porté le projet de Labaroche était une association de droit local, pour le nouveau projet ce sera une cooperative. Ce type de structure est mieux adaptée et permet de respecter une certaine éthique. Ce projet représente un investissement de 100 000€dont une participation citoyenne de 50 000€. Il y aura 250 parts de 200€ et 100 personnes au maximum selon le cadre légal.
Le troisième intervenant est Jo Scheider qui avec son association vient d'inaugurer le recouvrement d'un toit d'une grange à Aspach. Il débute son propos en expliquant que les économies d'énergie sont plus importantes que la production d'énergie renouvelable. En 2003 ils ont créé le premier salon des énergies renouvelables. L'entrée était gratuite et les organisateurs très exigeants sur la qualité des exposants. En 2007, ils ont visité Freiamt un village du Bade Wurtemberg qui expérimente de nombreuses sources d'énergie, l'éolien, la méthanisation, les panneaux solaire... L'idée est donc venue naturellement d'un projet autour de Cerney. Le choix de la structure s'est porté sur une société par action simplifiée qui permet une liberté de fonctionnement par rapport aux SA. Trouver un lieu n'a pas été simple, les collectivités ne jouant pas toujours le jeu. Lorsqu'il a été trouvé, par hasard, la société a emprunté 85000€ (prêt vert de la BP Alsace), les citoyens ont apporté 30 000€ et la région 20 000€
L'actualité de tels projets est relativement morose. Le gouvernement a baisser le prix de rachat de l'électricité solaire, les nouvelles installations doivent coûter beaucoup moins cher, seuls les panneaux chinois ou asiatiques seront rentables, pas ceux assemblés en France ou en Europe. C'est un mauvais coup pour notre industrie. La nouvelle législation va casser la dynamique. Mais nous sommes encore loin des allemands qui ont installés l'équivalent d'une central nucléaire. Il n'empêche que ces projets permettent de développer d'autres aspect. D'abord une mise en réseau de savoir, il reste à trouver la personne qui sera volontaire pour gérer un site internet pour diffuser cette précieuse connaissance. D'autres objectifs sont de créer une mallette des économies d'énergies, d'acquérir une caméra thermique et de créer un groupement d'achat de produits photovoltaïques.
Après les exposés, chacun a pu prendre la parole. La réalisation des objectifs du grenelle a été mise en doute, La rentabilité de telles structures est diffcile sous nos latitudes, il a été donné l'exemple d'un suisse qui a investi sa retraite dans un projet dans le sud de la France et qui sera très retable. Pourquoi n'y a-t-il pas plus de projets dans ces région? Il a aussi été question d'enercoop et des expériences Belges.
La soirée s'est terminée de manière conviviale autour d'un verre de vin nouveau, de lard et de noix.
Pour en savoir plus:
www.encial.fr
www.sl.sca68.info
