Collecter les biodéchets
Par FH le jeudi 19 février 2009, 12:21 - Déchets - Lien permanent
Le café écologique sur les déchets a rassemblé entre 40 et 50 personnes. Après la projection du film, la discussion a porté sur la politique générale de gestion/production des déchets et plus particulièrement de la situation sur Colmar. Des chiffres sont souvent annoncés, sans savoir forcément à quoi ils correspondent. Globalement, sur la communauté de commune de Colmar (CAC), chaque habitant en a produit, en 2007, 553 kg de déchets ménagers. La moyenne départementale est de 634 kg et au niveau national on en a produit 577 kg. Mais ces valeurs doivent être détaillées en fonction des différents types de déchets:
- Les ordures ménagères résiduelles. Il s'agit des déchets qui remplissent nos poubelles. Toujours en 2007, chaque habitant de la CAC en a produit326 kg. La moyenne départementale est de 274kg et la moyenne nationale, 327 kg.
- Les ordures ménagères issues des collectes sélectives. On peut les collecter de deux manières, en porte à porte, comme pour l'enlèvement des poubelles, ou par des points d'apport volontaire, comme les containers à Colmar. Sur la CAC, cette catégorie de déchets représente 78 kg. Sur le département 100kg.
- Les déchets occasionnels. La collecte peut se faire comme précédemment avec en plus les déchetteries. Chaque habitant de la CAC en a produit 149 kg en 2007. Au niveau départemental, cela représente 260 kg. La collecte des encombrants, peut être confiée à des associations comme Envie ou Espoir.
La production de déchets a fortement augmentée avec l'avènement de notre société de consommation depuis les années '50. Un premier objectif doit être de ne plus en produire autant. Cela peut passer au quotidien par plusieurs gestes simples, la suppression du suremballage, les couches lavables, les piles rechargeables, l'achat en vrac ... Cependant, l'effort volontaire de chacun ne peut suffire, il faut légiférer dans ce sens. Tant que des mesures dans ce sens ne seront pas prises, nous devrons gérer, localement, cette masse de déchets.
La gestion de ces déchets s'organise autour de différents outils. Longtemps les déchets finissaient dans des décharges, avec des conséquences sur l'environnement extrêmement nocifs. A Colmar, plusieurs sites sont pollués, au ligibel, sur l'ancienne décharge et le dépôt de Lindane, à proximité de l'aérodrome, sous le campement précaire le long de la voie ferrée, ... Il reste dans le département une décharge en fonctionnement. Elle se situe à Retzwiller et au rythme actuel va être remplie dans moins de 10 ans. Une des solutions pour pallier aux décharge est l'incinération. Celle-ci permet de réduire fortement le volume, mais n'agit pas sur leur nocivité. Les produits toxiques sont répandus en partie dans les fumées, récupérés ou non dans des filtres, ou concentrés dans les "cendres". Ces filtres et les cendres sont très toxiques et il faut aussi les stocker. Le dernier outils dont nous disposons est le recyclage. Il s'agit après avoir trié les déchets de les réutiliser. On ne parle alors plus de déchets mais de produits. Ils ont une valeur marchande, ils sont valorisés.
Sur la CAC, le principal outil utilisé est l'usine d'incinération. Celle-ci, construite il y a un peu plus de vingts, est conçue pour brûler une certaine qualité et quantité de déchets: le tout venant, issus de nos poubelles. Les fours de l'incinérateur ont besoin d'un mélange comprenant des déchets humides (les restes de nos repas) pour fonctionner correctement. En effet, si tous le monde se mettait à trier ses déchets, l'usine d'incinération ne pourrait plus fonctionner. Cela explique la faible motivation de l'équipe dirigeante à mener une politique de tri des déchets digne de ce nom.
Cependant, les fours de cette usine arrivent en fin de vie. Il va falloir les changer dans les 5 ans à venir. C'est l'occasion unique de mener une autre politique, plus respectueuse de l'environnement et de notre santé. Les orientations du grenelle de l'environnement et du conseil général mettent la priorité sur le tri. Nous pouvons trier plus de 80% de nos déchets alors qu'à Colmar nous en brûlons 62%.
Une difficulté du tri est le mélange entre les déchets sec et les déchets humide. En équipant chaque foyer d'une poubelle dédiée aux déchets fermentescibles, nous facilitons le tri des autres déchets. Les déchets fermentescibles peuvent être collectés en porte à porte, en utilisant une de nos deux collectes hebdomadaire. Ils sont utilisé pour faire du gaz et/ou du compost. A Rouffach, cette collecte fonctionne bien. On peut récupérer 98kg/hab/an.
Pour que le tri fonctionne, il y a un important travail de communication et d'information. Il faut anticiper le renouvellement des fours. Nous devons discuter aujourd'hui de la politique des déchets de demain. Aujourd'hui, un des freins à ce changement d'orientation est le coût peu élevé du traitement des déchets. C'est normal avec un outil en fin de vie, largement amorti. Mais le renouvellement de l'usine d'incinération va de toute manière l'augmenter, sans compter le coût induit par la pollution environnementale et la santé.