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Agriculture

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mercredi 28 septembre 2011

Pour une agriculture et une recherche sans OGM !

A l’occasion de l’ouverture du procès des 60 faucheurs volontaires au Tribunal de Grande Instance de Colmar, Europe Ecologie les Verts Alsace souligne l’impératif de construire un avenir sans OGM : compte tenu de l’irréversibilité de la pollution génétique, l’agriculture génétiquement manipulée tue toutes les autres formes d’agriculture. Les écologistes sont en faveur d’une production agricole économe en énergies fossiles, plus autonome par rapport à l’agro-industrie (achats d’aliments du bétail, semences, engrais, produits de traitement…), et privilégiant systématiquement les pratiques naturelles. La recherche publique doit être recentrée sur cet objectif stratégique. C'est une des conditions du développement du nouveau modèle d’agriculture paysanne que la FAO (Nations Unies) estime seule capable de relever le défi de l'alimentation des habitants de la planète, ici et dans les pays du sud. Il faut cesser de gaspiller l’argent public dans la recherche sur les OGM-agricoles dont les objectifs contredisent radicalement cette démarche, pour le consacrer exclusivement au développement de l’agriculture paysanne : ce ne sont pas les groupes industriels qui le feront à la place de la collectivité ! Quant à défendre la recherche publique sur les OGM-agricoles pour contrer celle menée par les groupes privés, cela relève de l’aveuglement au regard de leurs moyens financiers colossaux… Europe Ecologie les Verts Alsace appelle de ses vœux une recherche publique recentrée sur l’agriculture paysanne, donc sans OGM, et qui dans ses travaux associe étroitement la société civile, plus particulièrement les producteurs agricoles.

Jacques Muller (ingénieur agronome et ancien sénateur du Haut-Rhin) Alain Jund et Alison Ober (porte parole Europe Ecologie les Verts Alsace)

samedi 17 septembre 2011

Changer de modèle agricole

Dernières Nouvelles d’Alsace, 16 septembre 2011

Point de vue / Agriculture Changer de modèle agricole !

À l’occasion de la manifestation «Terres à l’envers», Jacques Muller, Alain Jund et Alison Ober (*) rappellent en quoi consiste le projet des écologistes pour l’agriculture.

Par Jacques Muller, Alain Jund et Alison Ober

«Nicolas Sarkozy, fossoyeur du Grenelle de l’environnement – «l’environnement, ça commence à bien faire!» – tentera aujourd’hui de «jouer les Jacques Chirac» lors de la finale nationale et européenne de labour. Cette manifestation illustre un modèle agricole foncièrement dépassé, où le nombre d’agriculteurs a été divisé par trois dans notre pays entre 1970 et 2007.

Le labour est d’abord une pratique exigeant l’emploi de machines toujours plus puissantes, grandes surfaces obligent, symboles pétaradants de l’accumulation du capital productif dans l’agriculture, et qui contribuent à la destruction de l’emploi et à la dégradation sans précédent du bilan énergétique des cultures.

Remis en question par un nombre croissant d’agronomes compte tenu de son impact destructeur sur la vie des sols, le labour a pour conséquence une baisse ininterrompue de leur fertilité naturelle, et une consommation accrue d’engrais.

Ce ne sont pas les agriculteurs qui sont en cause, mais les politiques agricoles mises en œuvre depuis les années soixante.

Le modèle dominant repose sur l’intégration de l’agriculture au complexe agro-industriel, ainsi que l’artificialisation croissante du milieu naturel. L’abandon de la polyculture-élevage conduit les agriculteurs à utiliser des engrais chimiques au lieu de l’engrais organique autoproduit sur l’exploitation. Le capital contre le travail

L’abandon de la rotation des cultures et le remplacement des semences paysannes issues de l’exploitation par des semences brevetées fragilisent les cultures par rapport aux maladies et poussent à une consommation croissante de pesticides. (cf. la monoculture de maïs et la chrysomèle...)

L’agriculture est devenue le seul secteur de l’économie dans lequel la collectivité subventionne le capital au détriment de l’emploi! L’Union européenne déverse annuellement dans notre pays quelque 10 milliards d’euros, de la pire manière, en primant l’hectare de terre, c’est-à-dire en soutenant le capital contre le travail! Les conséquences de cette politique sont inéluctables: les campagnes se vident, les jeunes peinent à s’installer et les surfaces se concentrent aux mains des plus gros exploitants qui captent une véritable rente de situation via les primes PAC (Politique agricole commune).

Il faut enterrer définitivement ce productivisme agricole qui privilégie le rendement à tout prix, en finir avec ce modèle qui détruit les paysans comme l’environnement, pour se tourner enfin vers une agriculture nouvelle.

L’avenir est à une agriculture paysanne reposant sur les hommes plutôt que sur la chimie, engrais de synthèse et pesticides.

L’avenir est à des systèmes de production en connivence avec la nature car appuyés sur le fonctionnement des écosystèmes, plus autonomes en fertilisants et alimentation du bétail, et économes en énergies fossiles.

L’avenir est enfin à une agriculture tournée vers la nourriture des hommes – abandon des agro-carburants! – et exigeante en termes de santé pour tous les consommateurs. En phase avec les paysans et la planète

Une telle révolution exige non seulement un changement des mentalités mais surtout une nouvelle politique agricole en rupture avec celle qui prévaut depuis des décennies. La tenue de la manifestation «Terres à l’envers» montre a contrario tout le chemin qu’il reste à parcourir pour faire éclore une agriculture en phase avec les paysans, répondant aux attentes des consommateurs et aux défis de la planète.»

J.M. A.J. et A.O.

(*) Jacques Muller est ingénieur agronome et ancien sénateur, Alain Jund et Alison Ober sont porte-parole d’Europe Écologie les Verts Alsace